L’approche de Noël signe la multiplication des catalogues de jouets. C’est l’occasion pour moi de proposer un article spécial, « coup de gueule » se basant sur des études en psychologie sociale.

Nous allons aborder les normes sociales et les stéréotypes, engendrés par notre société, qui sont en jeu pendant le développement de l’enfant.

Cela se joue dès la naissance, et même avant ! Dès que le sexe de l’enfant est connu, les parents ont tendance à acheter des objets en bleu si c’est un garçon et en rose si c’est une fille.

Bien sûr, ils sont aidés par les fabricants qui continuent à utiliser ces couleurs comme code pour différencier les genres. A droite se trouve d’ailleurs le symbole de l’hétérosexualité.

Dès que l’enfant est en âge de jouer, il est offert aux filles des poupées (comme Barbie ou des nourrissons) et aux garçons des jouets plus « agressifs » et héroïques, visant la performance et le pouvoir.

A cela s’ajoute les jouets d’imitation. Au cas où tu ne le saurais pas : l’enfant se développe par imitation (c’est le cas de la plupart des animaux, y compris les prédateurs apprenant à chasser et/ou les oiseaux apprenant à voler).

Là aussi, les rôles sont distribués : le ménage et le repassage pour la petite fille et le bricolage et la médecine pour le petit garçon. Cela n’est pas sans rappeler les pin up des Etats-Unis dans les années 50. Il y a même eu un « guide de la bonne épouse ». Mais nous pouvions voir ce type d’ouvrage chez nous dès les années 1800 !

 

Malgré l’évolution de la société allant vers l’égalité des sexes, cette dernière continue à nous diriger vers le rôle de la femme-mère au foyer et l’homme-travailleur qui subvient aux besoins de la famille.

Nos centres d’intérêts sont favorisés en fonction de notre genre et si l’on n’y colle pas, nous ne sommes pas « normal ». C’est le concept de « norme sociale » !

 

Qu’est ce qu’une norme sociale ?

 

Il s’agit de règles partagées par la société sur ce que l’on attend des individus qui la composent (en matière d’actions, désirs, pensées etc.).

En règle générale, si un comportement est adopté par une majorité d’individus, ce comportement devient « normal » socialement.

 

Cela ne s’arrête pas au rôle des genres et va plus loin que les interdictions et obligations réglementaires.

A force de luttes, la femme a obtenu des droits d’égalité des sexes, comme celui de travailler et voter. Des inégalités continuent d’exister, mais nous avançons dans le bon sens ! Seulement, les normes sociales sont ancrées dans les esprits et nous continuons de les véhiculer et assurer leur survie.

Il est encore attendu d’une femme qu’elle souhaite fonder une famille et s’en occuper (soins, affection, éducation), même si elle travaille.

En ce qui concerne les hommes, ça n’a pas vraiment changé : il doit trouver un travail pour contribuer financièrement et faire preuve d’autorité (pouvoir) dans la famille, pendant que la mère est plus affectueuse.

Les rôles commencent à se redistribuer et les femmes « carriéristes » se multiplient. Non pas qu’aucune n’était intéressée avant, mais la société « l’autorise » plus qu’avant.

Inversement, de plus en plus d’hommes s’investissent dans la vie familiale quotidienne. L’on parle de plus en plus de paternité. Nous avons ainsi pu voir apparaitre le congé parental d’éducation, venant compléter le congé de maternité.

Nous commençons donc progressivement à nous libérer des normes sociales, mais les stéréotypes subsistent. Pourquoi ? Décryptage !

 

Qu’est ce qu’un stéréotype ?

 

Il s’agit de croyances que l’on a vis à vis d’un groupe de personnes auquel on ne fait pas partie. Ces groupes sont divers et variés (genre, âge, habitant du nord ou du sud, tatouage etc.).

Cela concerne donc des groupes auxquels on appartient automatiquement (genre, âge) ou impliquant une pratique (tatouage).

Certains découlent indirectement des normes sociales.

Ils sont particulièrement résistants et une exception ne suffit pas à les effacer. On se dit que : c’est « l’exception qui confirme la règle ». On aura d’ailleurs tendance à être plus attentif aux comportements qui viennent confirmer le stéréotype.

 

Les catalogues de jouets de Noël continuent de véhiculer ces stéréotypes, malgré les normes sociales qui deviennent plus souples.

Ce n’est pas toujours la faute du commerçant, le fabricant intègre ces stéréotypes dès la conception du jouet. Il suffit de regarder les emballages des jouets, difficile de faire un catalogue neutre dans ces conditions.

Cela dit, certains commerçants se concentrent sur des jouets neutres, mais au détriment de la rentabilité !

Les jouets stéréotypés sont plus fréquents et incitent à toujours plus de consommation.

Vois-t-on un garçon utiliser la trottinette rose de sa petite sœur ? Rarement ! C’est « la honte »! Car il ne colle pas au stéréotype et ne respecte pas la norme sociale en faisant ça. Du coup, il faut lui acheter une trottinette bleue ou avec un super-héros dessus. Donc plus de dépenses, plus de ventes et donc de rentabilité !

 

Dans un autre registre, si une fille préfère les vêtements amples et confortables propres à la mode masculine, elle devient un « garçon manqué« .

Il arrive que les parents s’inquiètent si leur garçon veut faire de la danse classique et que leur fille veut faire du football. Ils s’imaginent que leurs enfants seront homosexuels plus tard.

Au delà du fait que cela ne devrait pas avoir l’importance qu’on lui accorde : c’est possible, mais non pas en raison des goûts de leurs enfants en terme d’activités, de jouets ou de vêtements.

Ils ont des préférences différentes de la norme sociale, voilà tout. L’homosexualité n’est ni la cause ni la conséquence de ces goûts.

D’ailleurs, si l’on ne faisait pas en sorte de les faire rentrer dans le moule, avant leur naissance en préférant le bleu ou le rose à leur place, leurs choix futurs seraient plus libres d’influences.

La société nous façonne dès que nous en faisons partie et nous l’aidons à continuer dans ce sens !

 

Alors arrêtons de croire qu’une préférence « inhabituelle » (certains diront anormale) est le signe de la vie future de l’enfant. Ses goûts en termes d’attirance sexuelle, de désir de fonder une famille ou de développer sa carrière sont en réalité indépendants du genre et des préférences vestimentaires, sportives ou ludiques. D’ailleurs, nous ne devrions pas chercher à contrôler l’avenir de notre enfant et le laisser libre de ses choix.

Arrêtons de nous faire dicter notre conduite et notre consommation et choisissons les jouets en fonction des réels désirs de l’enfant, pas de ceux dictés par la société.

Soyons libres de nos choix et assumons-le !

Après tout, peut-être que si toute le monde osait le faire, on deviendrait une majorité et à terme la norme !

La norme selon laquelle chacun est libre de ses choix, sans connotation ou stéréotype.

Consommons mieux, consommons libres !

A bientôt Consommateurs Avertis !

Yohanna Gomez


1 commentaire

René-Hubert PURSEIGLE · 08/12/2017 à 14:02

Ce neuvième article chère Yohanna est dans la même veine qualitative que les précédents!
Je dirai même quel talent!
Par contre, il serait bon d’intègrer dans ta réflexion le devenir de ce support papier dans l’extension de l’économie numérique au travers du WEB et bien évidemment des outils digitaux que sont les smartphones et les tablettes voire des PC mais en voie de disparition si j’en juge par l’impressionnante baisse en volume des ventes au niveau mondial!
Ce sont des nouveaux métiers autour du Webmarketing qui vont séduire demain les petites blondes et bien évidemment les parents!
Cela a commencé et va nécessairement s’amplifier !
Bien évidemment je partage cet article sur mes réseaux sociaux préférés!
Au plaisir d’échanger sur ces sujets chère amie!
RHP

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