Dans le précédent article, je parle de lobsolescence programmée, c’est à dire de la planification de la fin de vie d’un produit fabriqué.

Cette fois-ci, je vais parler d’une fin de vie inévitable : la péremption des produits alimentaires, plus ou moins frais. Certaines pistes permettent d’éviter le gaspillage alimentaire.

Les industriels, mais aussi certains fabricants plus traditionnels, sont tenus de calculer la durée de vie moyenne de leurs produits consommables. La date de péremption signalée sur l’emballage, doit être inférieure à cette moyenne, pour minimiser  les risques d’intoxication des consommateurs.

En effet, nous ne respectons pas tous ces dates, parfois à raison, mais pas toujours. Si certains produits montrent des signes décelables de péremption (aspect, odeur, emballage gonflé), d’autres semblent toujours frais alors qu’ils ne sont plus « propres à la consommation ».

Les sigles permettent de différencier les produits à jeter peu de temps après leur date de péremption, de ceux que l’on peut continuer à consommer après. Mais ces abréviations ne sont pas toujours claires. Décryptage !

 

Première catégorie

 

La première catégorie, celle avec laquelle on peut le moins tergiverser porte le sigle « DLC » = Date Limite de Conservation.

Ces produits peuvent également porter la mention : « A consommer jusqu’au  »

Il vaut mieux éviter de consommer ces produits lorsque la date est dépassée.

Dans certains cas, l’on peut se permettre de les consommer le jour suivant (cf. la fameuse marge mentionnée plus haut). Mais c’est déconseillé, car à nos risques et périls ! Si la plupart du temps, ça passe, ça peut provoquer des troubles digestifs, voire une intoxication alimentaire ! Prudence !

En général, il s’agit de produits frais, d’origine animale, montrant des signes de détérioration, ou pas. Le jeu n’en vaut pas la chandelle !

Les bactéries commencent à s’installer et proliférer en surface, puis plus profondément. Contrairement aux animaux charognards, notre estomac n’est pas équipé pour consommer et digérer ces aliments. Ces bactéries peuvent attaquer notre estomac si elles sont consommées, avant d’être visibles sur l’aliment.

Certaines marges dans les dates sont élevées, mais difficile de savoir quels produits sont concernés. Car la date de péremption est déterminée par le producteur (ou transformateur), sauf dans les cas réglementés par la loi.

 

Deuxième catégorie

 

La seconde catégorie, plus flexible, peut avoir plusieurs sigles différents :

  • DLUO = Date Limite d’Utilisation Optimale
  • DDM = Date de Durabilité Minimale (Anciennement DLUO)
  • DCR = Date de Consommation Recommandée

Ces produits peuvent porter la mention : « A consommer de préférence jusqu’au »

Passée cette date, le produit n’est plus de première fraîcheur, mais reste propre à la consommation quelque temps. Attention à ne pas en abuser !  Dans tous les cas, le produit a meilleur goût et de meilleurs valeurs nutritionnelles avant cette date. Autant le consommer avant, si possible.

Cette catégorie de produits est celle qui provoque le plus de gaspillage alimentaire. Beaucoup de ménages jettent ces produits, sans les avoir déballés.

Comment savoir si l’on peut consommer le produit après sa date de péremption ? Cela permet d’éviter le gaspillage alimentaire.

 

Comment éviter le gaspillage alimentaire ?

Voici quelques pistes.

Oeufs

Les œufs peuvent être consommés sans risque dans le mois suivant la ponte (indiquée sur l’emballage). Si l’on cuit correctement le jaune d’œuf, il peut être consommé quelques jours de plus. Prudence donc avec les œufs coque ou au plat, consistant à ne pas trop cuire le jaune (délicieux !).

 

Attention, si l’œuf est fêlé ou remonte à la surface dans la casserole d’eau. C’est le signe qu’il n’est plus étanche et que des salmonelles ont pu s’y installer. Les œufs peuvent être particulièrement dangereux pour nous, un peu comme les huîtres.

 

Produits laitiers

En fonction des produits laitiers, ils ne doivent pas être traités de la même façon.

Commençons par la base : le lait. Il en existe trois catégories :

1.Lait frais

  • Doit être consommé dans les jours qui suivent leur ouverture, conservés au frais

2. Lait pasteurisé

  • La pasteurisation allonge la durée de conservation du produit, mais il ne doit pas être consommé au-delà (DLC)

3. Lait U.H.T (Upérisation à Haute Température)

  • Stérilisé, le lait peut être conservé dans les 2 mois qui suivent la date de péremption, mais rapidement après son ouverture.

 

Les yaourts sont moins fragiles que le lait, car modifiés. Ils peuvent être consommés dans le mois qui suit la date de péremption, à condition d’être bien conservés. Mais attention aux produits supplémentaires : sucre, fruits ou œufs, qui peuvent accélérer le processus.

Le fromage est un cas particulier, car il s’agit d’un produit issu de la maturation du lait, comme le vin issu du raisin. Je n’irais pas jusqu’à dire que plus il est vieux, meilleur il est, mais il peut être consommé longtemps. A condition d’être bien conservé ! Mais cette conservation est encore plus stricte que celle des yaourts. La chaine de froid ne doit pas être rompue. C’est déjà limite si l’on ne le met pas dans un sac isotherme pour le transporter chez nous.

Je ne parle pas là des produits considérés à tort comme des fromages et présentés dans le même rayon : à base de crème de lait ou de préparation fromagère. Ces derniers doivent être traités comme des yaourts. C’est le cas de la plupart des « fromages à tartiner » adorés par les enfants (et les plus grands).

 

Autres produits

Tous les produits qui ne sont pas au réfrigérateur, doivent être conservés à l’abri de la chaleur, de l’humidité et de la lumière. Ces paramètres peuvent attaquer le produit, en particulier l’interaction entre l’humidité et la lumière du jour propice aux germes !

De façon générale, les produits secs, comme les épices ou les pâtes, peuvent être conservés très longtemps. Mais ils risquent de perdre leur qualité gustative avec le temps. Le sel en particulier ne périme jamais !

Le chocolat peut-être conservé jusqu’à deux ans, en fonction de sa teneur en lait. Un chocolat blanchi ne pose pas de problème, ce sont les lipides qui sont remontés à la surface (en résumé).

Concernant les produits surgelés, les dates indiquées limitent surtout la commercialisation. Si le produit n’a pas été décongelé, il reste propre à la consommation. A condition que la paquet soit étanche, ce qui n’est pas le cas des produits congelés par nos soins ! Attention, si des cristaux de glace se sont formés dans le paquet, ça peut être le signe d’une rupture de la chaine de congélation. Lorsqu’un produit décongelé a été congelé à nouveau, c’est l’intoxication alimentaire assurée !

 

Les boîtes de conserve peuvent dépasser d’un an la limite, à condition d’être conservées au sec et de ne pas être abimées.

 

Voici quelques pistes permettant d’y voir plus clair et de limiter le gaspillage alimentaire, symptôme de notre société de consommation.

Il va sans dire, que le mieux reste de bien calculer ce dont le ménage a besoin, ça évite le gaspillage financier par la même occasion !

N’hésites pas si tu as des questions ou des informations à ajouter. C’est un lieu de partage !

En espérant te revoir bientôt par ici !

Yohanna Gomez


4 commentaires

RH PURSEIGLE · 09/11/2017 à 08:37

Je n’ai qu’un mot à te dire chère Yohanna pour ce cinquième article sur la péremption des produits alimentaires frais ou surgelés « BRAVO »!

Ton analyse extrêmement synthétique met en exergue les dérives de l’industrie agroalimentaire dans le contexte d’une société de l’hyperconsommation!

Il va s’en dire que la gestion du réfrigérateur et du congélateur devrait être enseignée dès le plus jeune âge car l’ignorance conduit au gaspillage alimentaire !

Bien évidemment je partage ton article sur les réseaux sociaux préférés que sont LinkedIn et Twitter!

A bientôt l’amie! René-Hubert

    Yohanna Gomez · 15/11/2017 à 16:50

    Merci René-Hubert !

    Oui, je suis du même avis que toi: on devrait apprendre à gérer notre consommation dès le plus jeune âge, en passant également par le porte-monnaie !
    Mais mieux vaut tard que jamais 😉

    Merci du partage, j’espère que cet article intéressera tout autant tes contacts.

    A bientôt ! Yohanna

MARTINEZ · 09/11/2017 à 13:16

très bien vu! bien expliqué celui que j’ai plus peur et que j’ai trouvé la solution: l’œuf remonte à la surface dans la casserole d’eau. C’est le signe qu’il n’est plus étanche et que des salmonelles ont pu s’y installer.

    Yohanna Gomez · 15/11/2017 à 16:52

    Merci !

    Oui, ça peut être dangereux de mal consommer un oeuf. C’est important de le savoir. Contente que l’article t’ait plu !

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