Face à l’industrialisation mondiale, nous pouvons être de plus en plus tentés de consommer bio.

Seulement : il y a bio et bio. Parfois, nous payons plus cher pour pas grand chose.

Décryptage de ce marché à part.

 

L’agriculture biologique privilégie les méthodes et produits naturels, en limitant les additifs et produits chimiques au strict minimum.

Cela concerne également le bien-être animal. Les animaux sont élevés en plein air, nourris correctement (de préférence bio) et soignés en priorité avec de la médecine douce (exit les antibiotiques de prévention).

A noter que le bio ne concerne pas que les denrées alimentaires.

L’agriculture biologique respecte au maximum l’environnement et la biodiversité. Les cultures sont alternées, pour favoriser la diversité du sol.

Le Ministère de l’agriculture et de l’alimentation a pour ambition d’augmenter la consommation bio.

Voyons comment est apparu ce mode d’agriculture particulier.

 

 

Origine du bio

 

 

Cette initiative est apparue dans les années 20, en réaction aux conséquences des armes chimiques utilisés pendant la première guerre mondiale.

Le but était de travailler dans le respect de l’équilibre naturel, sans culture intensive.

Après la seconde guerre mondiale, le bio est apparu en France. L’agriculture classique était accusée d’utiliser des produits chimiques provoquant des pathologies mentales et le cancer.

Il s’est étendu dans les années 70, suite à l’utilisation de plus en plus fréquente d’engrais, de pesticides et autres produits chimiques. A cette époque, il y a eu également une prise de conscience des ressources limitées de la planète et une résistance à la société de consommation. (Est-ce toujours d’actualité ?)

En 1981, l’agriculture biologique est officiellement reconnue. Une commission est créée pour gérer et développer ce « nouveau » type d’agriculture.

Deux ans plus tard, le label AB est créé.

 

Pendant les années 90, la réglementation du bio s’est développée.

 

Fin des années 2000 : l’agriculture biologique est reconnue et réglementée au niveau européen. Un label européen est également créé.

 

Entre temps, nous avons vu des phénomènes comme la vache folle et la grippe aviaire qui ont poussé plus de consommateurs à acheter bio.

 

 

Prix du Bio

 

 

Répondons à une question cruciale : pourquoi le bio coûte plus cher ?

Pour commencer l’agriculture biologique coûte plus cher : en mains d’œuvres et en logistique. L’entretien des sols et des animaux demandent plus de soins et de matériel.

Pour finir elle produit moins donc rapporte moins (proportionnellement). L’agriculture biologique est moins intensive. Le respect du rythme naturel (sans engrais et stimulateurs de croissance) se fait à ce prix.

Mais qui en paye le prix justement ? Le consommateur bien-sûr. Les marges sont ajustées pour être rentable. C’est normal, sans cela l’agriculture biologique ne peut pas perdurer.

D’autant plus que le contrôle et la certification biologique sont à la charge de l’agriculteur. Produire bio est un choix, tout comme consommer bio.

Il existe des subventions européennes pour réduire cet écart, mais cela ne semble pas suffisant. La question se pose de savoir s’il n’y a pas des dérives et si cette initiative partant d’un bon sentiment ne devient pas du business.

Les producteurs industriels se sont d’ailleurs intéressés à ce marché. Deux antagonistes se sont rencontrés : le bio et l’industriel.

 

 

Bio Industriel, Kesako ?

 

 

L’agriculture biologique et l’exploitation industrielle. qui s’étaient séparés se sont finalement réunis. Quelles en sont les conséquences ? Peut-on faire confiance au bio-industriel ?

Zoom sur ce phénomène.

 

Le bio industriel est celui que l’on trouve en grande distribution. Les géants de l’industrie ont créé une branche bio, pour ne pas perdre de clients. A quel prix ?

 

De façon générale, des dérives et fraudes au label bio ont été constatées depuis des années.

Une quantité importante de produits issus de l’agriculture conventionnelle ont ainsi été vendus à prix fort. Cela concerne autant les produits consommables que les matières premières.

En parlant de matières premières, ces dernières sont d’autant plus difficiles à contrôler quand elles sont importées. Raison de plus pour consommer local et de saison, comme nous avons pu le voir dans un précédent article. Sans parler des émissions de CO2 et consommations énergétiques engendrées par l’import.

Pour répondre à la demande des consommateurs, les grandes distributions proposant du bio industriel ont recours à l’importation intensive de produits. Contrairement aux exploitations d’agriculture biologique classique, la surface utilisée y est beaucoup plus importante. Tous ces éléments ne sont pas en faveur du respect de l’environnement et s’éloigne donc de l’origine du bio.

Le seul avantage du bio industriel est de contenir moins d’additifs et pesticides que les produits industriels classiques. Mais pour cela il faut payer plus cher et augmenter encore les marges des grands distributeurs.

Mais alors comment mieux consommer bio ?

 

 

 

Mieux consommer Bio

 

 

Comme nous avons pu le voir et comme nous pouvions nous y attendre, le bio industriel laisse à désirer. De plus, l’écart de prix est à l’avantage de l’industriel, plutôt qu’à celui de l’agriculteur, aux dépends du consommateur.

Quelle est donc la solution ?

Je ne le dirais jamais assez : consommer local et de saison. Cela permet de respecter le rythme naturel et de privilégier les circuits dits courts (avec peu d’intermédiaires).

Les produits de qualité bio sont précisés, dans le cas où vous voulez notamment éviter les pesticides et autres joyeusetés. Attention aux mentions écrites, sans label rien n’est garanti.

Les magasins spécialisés sont une bonne alternative.

Il existe un repère supplémentaire très intéressant : le label Bio Cohérence. Il garantit le respect d’un cahier des charges strict. Des contrôles spécifiques sont effectués pour y veiller.

Il s’agit d’une initiative regroupant des producteurs, des  transformateurs et des distributeurs, mais aussi des consommateurs. Il est d’ailleurs possible d’adhérer à l’association.

 

 

Tout le monde ne peut pas se permettre de consommer 100% bio. Mais nous pouvons tous, à notre échelle, réduire notre consommation industrielle.

Bien sûr, tout est fait pour nous tenter. Mais ce n’est pas une raison pour consommer 100% industriel.

Pour commencer, sans que cela ne coûte forcément plus cher, nous pouvons consommer local et de saison.

Si les finances le permettent, le bio reste la meilleure alternative pour éviter les dérives industrielles. Que ce soit pour notre propre santé, mais aussi pour l’environnement. En restant vigilant et en privilégiant les labels de qualité.

Arrêtons de consommer passivement en faisant de meilleurs choix et en changeant nos mauvaises habitudes. Pendant trop longtemps nous avons cédé à la facilité qui nous a mené à la situation actuelle, que l’on continue à entretenir.

Nous avons encore le choix de mieux consommer.

A bientôt cher consommateur averti,

Yohanna Gomez


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